dans banksterland

La banque Piguet-Franck Galland dans un imbroglio judiciaire

Un escroc américain avait confié ses sous à la petite banque privée. Problème: l’établissement ne veut pas rendre l’argent

Richmond Hamilton dirigeait une belle petite affaire. Une trentaine de clients avaient avancé plus de 8 millions de dollars à ce citoyen américain installé à Rabat, au Maroc, pour investir dans son fonds d’investissement, Raleigh Capital Management, actif dans les matières premières. Même la petite banque privée genevoise Franck Galland, avec laquelle l’homme d’affaires entretenait des relations privilégiées, semble n’y avoir vu que du feu.

Or dès 2004, Richmond Hamilton s’est mis à puiser dans la caisse, comme le racontent des documents de justice américains dont Le Temps a obtenu copie. D’abord pour couvrir des dépenses personnelles: deux petits avions, une BMW, et des bijoux. Puis pour s’acheter deux appartements. En quelques années, Richmond Hamilton siphonne ainsi plus d’un million de dollars du fonds Raleigh.

En 2007, le gérant autorise des proches, son frère Harvie et son oncle Otto, à retirer leurs billes. Sauf que ceux-ci puisent plus qu’ils n’ont investi, à nouveau près d’un million, au détriment des autres investisseurs. Tous trois déposent leurs fonds auprès de la banque Franck Galland à Genève.

Alertée par des clients inquiets, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), le régulateur américain des courtiers en matières premières, ouvre une enquête fin 2009. Le jugement, rendu en juin dernier, condamne Richmond Hamilton à verser 3 millions de dollars de dommages à ses investisseurs. Il doit également rendre un million de dollars déposés à Genève. Et c’est là que le bât blesse. La banque, devenue en février dernier Piguet-Franck Galland après sa reprise par la Banque Cantonale Vaudoise (BCV), refuse de rendre cette somme.

Après trois demandes infructueuses pour récupérer cet argent, le liquidateur du fonds Raleigh a finalement déposé une plainte civile contre la banque le 2 août dernier devant un tribunal de l’Illinois. Celle-ci affirme que l’établissement entretenait de nombreuses relations d’affaires avec Richmond Hamilton. Elle lui avait notamment avancé des crédits pour près d’un demi-million de dollars, un prêt garanti par des parts du fonds Raleigh, aujourd’hui sans valeur.

Plus étrange, il apparaît que la banque avait elle-même investi 2,5 millions de dollars dans le fonds, et qu’outre les membres de sa famille, Richmond Hamilton l’avait également autorisée à liquider une part de cet investissement alors qu’il bloquait les remboursements à d’autres clients. Le liquidateur estime que le profit de 590   000 dollars réalisé par la banque était en réalité frauduleux, et doit être rendu à la masse en faillite. Dans une déclaration lors du procès de Richmond Hamilton, le liquidateur a également affirmé que l’établissement genevois avait servi d’intermédiaire pour revendre des parts du fonds Raleigh à d’autres investisseurs.

En tout, le liquidateur réclame plus d’un million et demi de dollars à la filiale de la BCV. La banque Piguet-Frank Galland avait réalisé un bénéfice de 2,9 millions de francs en 2010. L’établissement n’a pas souhaité s’exprimer.

Ecrire un Commentaire

Commenter

  1. Et Piguet Galland se permet en plus d’utiliser l’excuse de l’affaire Madoff pour garder les fonds de ses clients français qui tentent de régulariser en France.
    Une liste de client se voit refuser leurs fonds qui pour le coup proviennent de simple héritages et non de fraudes.
    C’est une honte cette banque se permet de voler purement et simplements ses clients en se disant que vue la lenteur d’une procédure et le prix abusif des avocats les clients n’oseront pas porter plainte .
    Il faudrait une action collective contre cette banque ….