dans Pictet & Cie

L’escroc qui sévissait sur LinkedIn était client chez Pictet

John Mattera et ses associés contactaient des pigeons sur les réseaux sociaux pour leur vendre des titres Facebook et Zynga qu’ils ne possédaient pas. Une partie des 13 millions de dollars récoltés a fini sur un compte de la banque genevoise.

Jeudi matin, John Mattera s’est levé une dernière fois en homme libre pour aller ouvrir aux hommes en costumes sombres qui sonnaient à la porte de sa villa de Fort Lauderdale, vue sur le canal et yacht au ponton. C’était la police.

Trois mois plus tôt, des agents de la commission boursière américaine (SEC) avaient ouvert une enquête sur la base d’un tuyau indiquant qu’un mystérieux fonds d’investissement, Spartan Capital, démarchait des clients sur le réseau social LinkedIn.

Le hameçon? Des paquets actions dans les sociétés Internet les plus convoitées du moment, parmi lesquelles Facebook, Twitter, Groupon ou Zynga, dont l’entrée en Bourse supposée imminente promet la fortune à ceux qui parviendraient à se procurer des titres avant l’heure.

Il n’a fallu que quelques semaines aux autorités pour remonter la piste d’une boîte aux lettres dans un supermarché de New York jusqu’à la belle résidence de John Mattera, un homme d’affaires de 50 ans menant grand train en Floride.

Selon l’acte d’inculpation rendu public jeudi, John Mattera et ses associés auraient récolté plus de 13 millions de dollars d’investisseurs naïfs ces quinze derniers mois.

John Mattera aurait utilisé à lui seul la moitié de cette somme pour acheter des bijoux, louer des voitures de luxe et des jets privés, décorer sa maison, payer des arriérés d’impôts et pour clore à l’amiable la plainte pour fraude lancée par un ex-partenaire.

Prévoyant, John Mattera s’était aussi mis de côté 100 000 dollars sur un compte qu’il était parvenu à ouvrir à son nom auprès de la prestigieuse banque Pictet, à Genève. Et ce, malgré un pedigree pénal chargé.

John Mattera avait plaidé coupable de sept chefs d’inculpation en 2003 pour des fraudes diverses dans trois procédures criminelles.

En septembre dernier, des investisseurs avaient à nouveau porté plainte contre lui dans une autre affaire. Sur son compte LinkedIn, John Mattera se présentait comme un philanthrope, disposant de sa propre fondation de charité. Il avait notamment procédé à des dons à l’équipe de foot de l’Université de Floride et au comité local de la Croix-Rouge.

John Mattera devrait être libéré sous contrôle judiciaire la semaine prochaine, sa mère s’étant porté garante d’une caution de 750 000 dollars. Dans leur communiqué, le procureur de New York et la SEC ont officiellement remercié l’Autorité suisse de surveillance des marchés financiers, la FINMA, pour son assistance dans cette enquête.

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